Ce que nous apprennent les emplois où nous sommes sur-qualifiés

Bonjour,

Me voici de retour 1 an après. De nouveau au chômage.

Avant cela il s’en est passé des choses, j’ai travaillé en interim pendant 11 mois dans une agence de voyage, je me suis mariée et nous avons déménagé.

Pourquoi accepter un travail où l’on est sur-qualifiée ?

J’ai en effet un bac + 5 dans le domaine de la documentation scientifique et technique. Seulement au bout de 4 mois de recherche d’emploi, je n’avais toujours pas de travail dans ma branche. En effet, ma situation géographique ne me laissait pas beaucoup de possibilités. C’était soit faire 3h00 de transports en commun par jour (je n’ai pas de voiture) ou alors si j’en avais une me taper les bouchons 3h par jour. Ou déménager à Paris (No way).

Etre femme au foyer, non merci ça ira. Le manque d’argent accompagné d’une dépression à ne rien faire, trouver un travail devenait urgent.

La chance me sourit

Après quelques entretiens sans suite et faux espoirs plus tard. Nous avons rencontré mon mari et moi-même, lors d’un co-voiturage, un couple dont l’homme travaillait dans une agence d’intérim dans ma ville. Je lui ai exposé ma situation. Apparemment c’est mon bac +5 qui posait problème : soit-disant on ne reste pas dans l’entreprise.

Je tiens à rétablir la vérité :

Quand on a  bac + 5 et qu’on ne trouve pas dans notre branche, la seule chose que l’on veut c’est un travail stable avec des perspectives d’évolution et un salaire correct, ce n’est pas  parce que  l’on a fait telle ou telles études spécialisées que l’on ne sait faire que cela. J’ajoute d’ailleurs qu’on ne s’attend pas non plus à gagner 2 000 euros net par mois en commençant surtout en province.

Un mois après l’agence d’interim me contacte, j’ai un entretien dans l’agence de voyage mentionnée plus haut. C’est une agence de voyage spécialisée dans le voyage d’affaire (B to B pour les intimes), c’est une plateforme téléphonique. Je travaille à 20 minutes à pied de chez moi, ce qui est top.

Quand tu t’ennuies au travail et que cela se voit et ne plait pas

J’arrive pour la session de formation qui doit durer 2 semaines. Il s’agit d’apprendre à utiliser le logiciel qu’utilise toutes les agences de voyage : AMADEUS. Ayant de solides bases en informatique et en manipulation de bases de données. Je comprends rapidement le principe des codes. Le problème est que je ne suis pas toute seule, nous sommes 5 et que je suis légèrement accro à mon smartphone. Au début je rangeais mon téléphone, ensuite je le sortais discrètement. J’ai même gérer la création et l’impression de mes faire-parts cette semaine-là, par mail depuis mon téléphone. Je sais ce n’est pas bien et pas très respectueux, mais j’ai tendance à opter pour le « pas vu pas pris » quand je m’ennuie. De toute façon j’ai une mémoire kinesthésique*, donc difficile de m’empêcher de tripoter quelque chose pour être concentrée, ne rien faire de mes mains me met en état de stress. (Post à venir sur le sujet).

Je suis à fond dans la formation, pas besoin de réviser le soir. La journée je me prends même pour le comparateur de vol Trivago.

Je continue mes petites bêtises,  surprise ce n’est pas moi qui suit disputée la première pour mon utilisation abusive du smartphone. Le formateur nous fait la morale pendant un quart d’heure, il a raison; seulement au vu de ce qui suit, il aurait mieux fait de nous le dire tout de suite et pas au bout d’une semaine. A ce moment là je trouvais que c’était un bon formateur et qu’il était plutôt sympa. Il l’aurait dit avant, j’aurai éteint et rangé mon téléphone de suite,  je n’ai pas besoin que l’on me dise les choses deux fois. J’aurai dessiné à la place…

La deuxième semaine commence, avec cette fois-ci un « expert métier », qui essaye de nous faire peur. Dans ma tête à ce moment là :

« Mec, j’ai 26 ans, ta technique de management, je la connais et elle me blase plus qu’autre chose et de toute façon, dés que j’ai mieux je m’en vais. « 

Nous ne sommes plus que trois en formation, deux ayant quittés le navire. J’aurai bien aimé faire de même mais j’avais trop besoin d’argent et de contact social.

La semaine se passe, enfin le verdict, vais-je restée ? Je suis quasiment sûre que oui, je n’ai pas peiné pendant la formation, je n’ai pas eu de remarque personnelle sur mon comportement. Je suis quelqu’un de plutôt sympathique, j’aime le contact et je laisse la place aux autres. Selon moi rien ne justifierai quoi que soit, pour moi ce qui me paraissait évident à été réglé (le smartphone).

Je vais donc voir la RH qui doit me dire si oui ou non, j’ai réussi ma période d’essai.  Avant de me donner sa réponse, elle me dit que les deux formateurs ont trouvé que j’avais un mauvais comportement, j’étais nonchalante et que je soufflais beaucoup. De toute ma vie, je n’ai jamais entendu cela de moi, pour le souffle on me l’avait déjà dit, c’est quelque chose que je ne contrôle pas vraiment. C’est plus une façon pour moi de relâcher la pression, car je suis d’un naturel anxieux. Ce n’est pas parce-que ce que l’on me dit ne m’intéresse pas.  A part ça je suis prise pour la suite, j’ai juste envie d’aller dire ce que je pense au formateur, car il s’agit d’un malentendu total et d’hypocrisie.

Même mes collègues de formation sont surprises, une aussi s’est prise ce genre de réflexion (elle a bac +5 aussi quel hasard).

Oust au poulailler !

Après cette formation, ne faisant pas partie des « préférées » de l’expert-métier. Je part de l’étage GESTAPO où le travail est super intéressant, mais l’ambiance pourrie, personne ne se parle et j’apprendrai ensuite n’a pas le droit de parler sauf au téléphone et en pause.

J’atterri donc au dernier étage de l’entreprise, où je suis plutôt bien accueillie par ma manager. Qui m’explique rapidement ce que je dois faire, le process etc…  Ici chacun à sa tâche c’est assez répétitif, si tu ne sais pas faire tu demandes à tes collègues, s’ils ont le temps et sont d’humeur à le faire. J’ai très souvent mangé seule les premières semaines, peu de gens me parlaient, je suis sociable donc j’ai quand même tenté de parler avec plusieurs personnes. Mais c’était compliqué, nous n’étions pas sur la même longueur d’onde.

Par contre l’ambiance est bonne, on peut discuter, chanter et râler tout haut pas de problème. Au moins l’extravertie en moi va beaucoup mieux psychologiquement.

Comme il y avait de moins en moins de travail sur ce que je faisais tous les jours, on m’a formé à autre chose, et par une intérimaire (faute de temps).

Quelques semaines après, ma manager, me dit que j’ai rendez-vous dans 5 minutes dans le bureau de la RH avec deux autres collègues. Qu’est que j’ai fait encore ????

Point positif je me suis fait une très bonne copine de boulot à ce moment là, enfin quelqu’un avec qui j’accroche ! Au bout de deux mois dans l’entreprise : ALLÉLUIA !

Nous arrivons dans le bureau de la RH, rien de grave, ils ont juste besoin de monde à l’étage GESTAPO, allez on y retourne !

Girouette du jour bonjour !

Je suis restée un mois à faire la girouette entre l’étage GESTAPO et le Poulailler. Je me suis retapé 2 semaines de formations, les mêmes que j’avais fait au début, car j’avais besoin d’un resfresh, les process étant différents. Je vous passe l’épisode je m’ennuie, et on n’a pas besoin de vous remontez au poulailler, non en fait redescendez. Heureusement cette fois-ci j’avais une alliée, qui n’y arrivait pas aussi bien que moi, alors je l’aidais. Ensuite trouvant mon alliée peu productive, ils l’ont renvoyée au poulailler. J’étais super déprimée, car je ne m’entendais pas avec les gens, je montais donc souvent la voir.  J’ai appris par la manager de l’étage que les formateurs ne me sentaient pas « sans blague », elle m’a par contre dit qu’elle n’était pas d’accord avec eux et qu’elle croyait en moi. MERCI !

Un beau jour, le manager du poulailler est descendu car c’était le rush en haut. Je suis donc remontée définitivement au dernier étage. J’étais tellement blasée de leur annonce que j’ai dit OK. En vrai j’étais trop contente, j’allais enfin être tranquille dans mon coin, même si le travail était répétitif.

La tranquillité retrouvée… ou pas!

J’ai été tranquille jusqu’après l’été, j’avais des copines, avec lesquelles je discutais bien, ce qui égayait mes journées. Jusqu’au jour où, une collègue est venue me chercher des noises.

Pour rappel, j’ai un niveau bac +5, c’est à dire qu’à la sortie du master, on nous demande d’être proactif et force de proposition, afin de faire avancer les choses.

J’ai pour habitude d’aider les gens et de répondre quand quelqu’un pose une question, dans le but de l’aider, si je connais la réponse. J’étais dans la boîte depuis 9 mois. Ce jour là j’ai répondu à une question qui ne m’était pas destinée car je voyais la personne hésiter. C’était une question qui concerne le travail et le process. Je me suis fait reprendre violemment par cette dernière car, la question ne m’était pas poser à moi personnellement. Je n’ai rien dit : « pas de vague et surtout pas devant tout le monde », car ça jacasse pas mal et je ne suis pas bien vue de tout le monde.

Une semaine après m’être bloquée à ne pas répondre quand cette personne posait une question. Voilà que n’y pensant plus, je l’ai refais, car la question s’adressait au collègue à côté de moi avec qui je m’entendais très bien. J’étais à côté, elle n’avait pas à se déplacer et était surbookée, bénéfique pour elle. Et bien non.

Elle s’est lever, s’est planté devant moi en me disant de me la fermer et de rester à ma place pour faire simple. Cette fois-ci j’ai répondu, car une fois d’accord, deux fois non. Je suis simplement altruiste et je veux aider, le faite que tu m’agresses moi personnellement, que tu me reproches ce que je suis, je n’apprécie pas.

Bref, je n’ai plus jamais répondu aux questions de personne qui ne m’étaient pas adressées. Je m’en foutais d’aider, je voulais juste mon salaire à la fin du mois et c’est tout.

Bilan

Je suis restée 11 mois dans cette boîte, ensuite j’ai déménagé.  J’ai connue des personnes supers et d’autres pas intéressantes. J’ai gagnée en confiance en moi et je suis prête à relever de nouveaux défis !
J’ai appris plusieurs choses :

  • Il faut rester à sa place, quand tu es payé à exécuter, tu exécutes, tu ne fais pas la « future manager qui veut tout révolutionner »
  • Les 6 premiers mois tu la fermes
  • Tu continues à chercher mieux sinon tu risques de rester longtemps dans une entreprise qui ne te convient pas.

    photo of a woman thinking
    Photo de bruce mars sur Pexels.com

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* Lien vers l’explication de la mémoire kinesthésique ici

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