Le harcèlement dans les études supérieures, ça existe aussi mais sous une autre forme

C’est parti pour un nouveau témoignage, j’en ai vécu des choses vous allez me dire. J’ai envie de me faire plaindre. En faite non pas du tout, j’ai juste envie que vous vous en sortiez au cas où cela vous arrive.

On nous parle souvent du harcèlement au travail ou du harcèlement  scolaire au collège et au lycée. Sachez que cela existe également dans les études supérieures, notamment dans les écoles où les promos sont réduites (écoles de commerce, communication, d’ingénieurs, prépa …).

Ce paragraphe trouvé sur cet article résume bien ce que j’ai pu vivre pendant presque 1 an : « A l’université, l’absence d’ambiance de «promo» et l’impersonnalité des lieux mettent généralement à l’abri du harcèlement. Les étudiants sont très nombreux, très mélangés, on s’assied où on veut en amphi… La nécessité d’appartenir à un groupe et de se conformer à ses règles n’est pas très prégnante. Dans les classes prépa et les écoles, l’ambiance y est plus propice. «Le harcèlement vise en général ceux en marge de la norme du groupe» explique Béatrice Copper-Royer. Dans les petites promotions, où tout le monde se connaît, il y a donc plus de possibilités. Quelle forme cela prend-il? «Ce n’est pas forcément haut en couleur» explique Catherine Rioult, psychologue clinicienne et psychanalyste. «La compétition entre élèves, qui peut entraîner des rivalités, pousse parfois certains élèves à en dénigrer d’autres, à colporter des rumeurs sur internet.» «Avec l’âge, le harcèlement peu devenir plus insidieux. Les actions sont moins directes, plus furtives» poursuit-elle. Le harceleur peut chercher à briller, sans forcement vouloir pour autant intentionnellement écraser les autres. »

Pour vous dire la vérité je n’ai pas été victime de rumeurs sur internet, enfin ce n’est pas parvenu à mes oreilles. A l’époque, j’avais plus l’impression d’être une paria invisible. J’ai tout fait pour m’intégrer pour finalement être ignorée. Certains diront « tant mieux, c’est mieux que de se faire insulter à longueur de journée« . C’était beaucoup plus vicieux que cela car j’ai fini par en faire une dépression.

Comment tout a commencé ?

Après avoir obtenu une licence en langue qui ne m’inspirait pas trop, j’ai décidé d’intégrer une école de communication pour mon master. J’avais toujours voulu faire de la communication, faire aimer, faire connaître, connaître le comportement des individus c’était mon truc. Je m’étais fait de très bonnes amies (qui le sont toujours d’ailleurs) dans mon école précédente, elles m’avaient averties : « Fais attention Barbara les personnes, surtout les filles ne sont pas toujours sympas, ce sont des poufs, j’ai peur que tu t’intègres mal » Me voilà prévenue, en me disant que si c’était vraiment le cas je les enverrai ch… avec mon gros caractère et basta. Je n’ai jamais eu de difficultés à me faire des amis, je suis très sociable et j’adore faire des blagues, je fais rire beaucoup de monde en général, sans avoir l’air d’y toucher.

Me voilà partie pour un master 1 en communication. La rentrée se passe bien j’ai des cours de remise à niveau, vu que ma licence ne concernait pas ce domaine. Je me fais facilement des amis, enfin c’est ce que je croyais, j’adore les cours, je vis un rêve éveillé jusqu’au weekend d’intégration.
Je me suis vite rendue compte que les gens n’étaient absolument pas dans le même délire que moi, j’étais toujours en décalage. Déjà le milieu social était différent, j’étais avec des personnes venant de milieu sociaux très élevés, ce qui n’étaient pas mon cas. Nous n’avions pas les mêmes goûts musicaux et pas le même humour. Je suis du genre pas coincée qui aime faire la folle et délirer, j’avais l’impression qu’eux étaient outrés dés que j’ouvrais la bouche. J’ai bien vu qu’ils commençaient à me trouver bizarre et petit à petit à m’éviter. Fin du weekend d’intégration.

Mon comportement a commencer a changer petit à petit, nous travaillons très souvent en groupe, j’ai commencé à devenir très agressive, cela se passait mal alors que j’ai toujours été facile à vivre, conciliante. Je n’étais plus moi-même je m’isolais, je n’avais qu’une seule amie dans cette promo. Les autres me parlaient peu, certains étaient sympas avec moi mais ne voyaient pas mon mal-être, ils avaient leur groupe d’ami. D’autres m’ignoraient purement et simplement et il y en avait un qui passait son temps à m’humilier.

Je faisais tout pour m’intégrer mais je n’y arrivais pas. J’allais à toutes les soirées organisées, j’étais acceptée mais ça ne passait toujours pas, je me sentais invisible.

Le pire à été au début de l’année pour la recherche de stage, tout le monde trouvait le sien facilement, moi je n’y arrivais pas. Je ne trouvais déjà pas ma place dans cette classe et en plus je ne la trouvais pas dans le milieu professionnel. Pour les humiliations il y a eu cette fois dans l’ascenseur, il y avait également des gens d’autres écoles, j’ai raconté une blague à mon amie qui a ri. Un type de ma classe n’a rien trouvé de mieux à dire que « Barbara je ne comprends pas son humour ! » Tout le monde a ri, s’est foutu de moi, même moi pour ne pas me démonter, j’étais devenu un bloc… en surface. Sorti de son contexte ça peut ne paraître rien, mais quand plus personne ne veut faire équipe avec vous, ne vous calcule plus, que vous faites pitié même à votre seule amie, c’est dur, croyez moi. Je suis retrouvée seule une fois à ne pas avoir de groupe pour un projet, devant tout le monde, personne n’avait envie de m’avoir dans son équipe, on m’a même refusée cash pour un projet qui m’intéressait. Alors que j’étais une bosseuse j’avais de bonnes notes.

Je n’avais pas cours l’après midi, je passais mon temps à pleurer tellement j’étais mal, je me sentais telle une m*rde, nulle, inutile qui n’arrivait à rien. J’étais en dépression ce que je n’ai appris que 6 mois plus tard. Je ne trouvais pas de stage malgré 4 entretiens et beaucoup de bonne volonté, je foirai tout, tout le monde en avait un sauf moi. De toute façon qui aurait voulu de moi?

Heureusement, j’ai la chance d’être bien entourée, j’avais déjà mon chéri à l’époque, des amis fidèles et ma famille qui n’ont pas vu tout de suite mon malaise. Ils m’ont beaucoup aidé à ne pas sombrer complètement pendant cette période.

Je devais commencer mon stage en avril, en mai je n’avais toujours rien, j’étais au plus mal. Je ne dormais plus, j’enchaînais refus sur refus, j’avais perdu 6 kg en début d’année, j’en ai repris 5. Je me sentais comme une moins que rien, je me posais milles questions, quel avenir pour moi ? je sers à rien, je ne suis pas bonne à aimer… J’étais un zombie, souriante devant les gens, à l’agonie en moi. J’ai pensé au suicide, sans vouloir passer à l’acte, mais je me disais que ce serait plus simple. Mais la simplicité je n’aime pas, je voulais me battre mais je n’avais plus la force.

Mon père croyant bien faire a essayé de me trouver des stages. Ne comprenant pas mon mal-être, il m’a traitée de nulle, de bonne à rien ,m’a fait pleurée déjà que j’étais au trente-sixième dessous. Il ne comprenait pas que sa fille bien aimée puisse échouer, je l’ai détesté pendant cette période. Même s’il a été une partie de la solution.

Le bout du tunnel

L’école coûtait très cher, je culpabilisais beaucoup car mes parents avaient  fait un prêt pour me la payer et ça ne donnait rien. Nous avons alors décidé avec mon père d’aller voir la directrice pour lui annoncer ma décision de quitter l’école et les raisons. Nous avons donc pris rendez-vous, j’étais la seule à parler. Elle a vu que j’étais totalement démotivée. Elle m’a alors proposé un coaching personnalisée avec une coach professionnelle et m’a donné 15 jours pour trouver un stage. J’ai convenu d’une heure de coaching, une semaine plus tard. Je ne pensais pas que cette heure me ferait un tel effet.

Je suis allée à ce coaching pour travailler ma faiblesse : les entretiens d’embauches. La coach m’a tout d’abord montré mes points positifs et m’a remotivée. En parlant avec elle, au bout d’un moment j’ai fini par fondre en larmes, j’ai fait une crise de nerfs. Je n’ai rien pu faire. Je lui ai tout raconté, mes problèmes d’intégration, mes humiliations, le fait que ça aille mal dans ma famille. Elle m’a dit « je ne suis pas psychologue, mais j’ai déjà vu des personnes dans votre cas, je pense que vous êtes en phase dépressive et que le mieux à faire c’est d’aller voir un médecin le plus rapidement possible ». Elle a d’ailleurs appelé tout de suite après son propre médecin pour voir si elle ne pouvait pas me prendre en urgence, elle ne pouvait pas. Elle m’a donc fait promettre d’appeler mon médecin le soir même pour aller consulter.

Je suis sortie de cette séance très secouée, mon chéri m’a récupéré en larme à la sortie du métro, je me cachais tellement je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. Mon médecin n’étant pas disponible, nous avons appelé le sien qui m’a reçue en consultation le soir même. J’étais encore en pleine crise, il m’a alors mis sous xanax, un anxiolytique, vu que je ne dormais plus.

Je dois dire que ce médicament m’a fait énormément de bien, j’ai pu dormir et j’étais tout le temps zen. Cela m’a remis les idées en place, je ne portais plus la dépression car oui cela se voit et se sent inconsciemment en entretien d’embauche. J’ai ensuite passé deux entretiens où j’étais totalement zen, je n’avais plus rien à perdre. J’ai raté le premier, j’ai réussi le deuxième. J’ai enfin commencé à aller mieux, j’ai arrêté les anxiolytiques au bout de deux semaines, au delà on en devient dépendant.

J’ai profité de ce stage pour faire un point sur moi-même et mes envies professionnelles. Je n’avais pas les moyens de me payer ma deuxième année de master et revoir certaines personnes ne m’enchantaient guère.  J’ai quand même fais ma rentrée, je pense que certaines personnes ont été mises au courant de ma dépression car elles étaient un peu plus attentionnées. Mes relations avec les autres allaient mieux.

J’ai recherché une alternance en vain et de toute façon je n’avais plus envie de continuer dans cette voie. Début octobre, j’ai envoyé ma démission pour prendre une année pour me retrouver et savoir ce que je voulais faire.

Pendant cette année j’ai travaillé et voyagé, pour finalement reprendre mes études dans la documentation technique, ce qui a été le meilleur des choix. J’ai repris un master en 2 ans dans le public et rencontré des gens géniaux qui m’ont prouvés qu’ils existent encore des personnes bienveillantes dans ce monde.

Conclusion

Faites-vous confiance, vous êtes quelqu’un de bien. Si ça ne va pas dans votre milieu professionnel ou scolaire, tournez-vous vers vos amis, votre famille, ils sont là pour vous.

Aujourd’hui j’ai gagné confiance en moi, je me sens plus forte, je connais mes atouts et je travaille sur mes faiblesses. J’essaye d’aider les autres au maximum comme on a pu m’aider.

On n’est pas nul, on a juste des atouts qu’on ne soupçonne pas.

J’ai mis 6 mois avant de me rendre compte que je déprimais, heureusement pour moi ça n’a pas duré longtemps vu que je suis une personne qui n’intériorise que très peu. Pour faire simple, si on me fait parler, je parle sinon je garde pour moi, ce que j’ai fait pendant longtemps en croyant que ce qui m’arrivait était normal et que je l’avais bien mérité.

Courage à ceux qui vivent des moments difficiles, rien n’est permanent. Il suffit d’une personne, d’un déclic pour vouloir s’en sortir et le soleil revient.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :